Les lauréats du FIFHM 2021

Le jury du Festival international du film d’histoire de Montréal (FIFHM) a décerné aujourd’hui deux prix et deux mentions spéciales à autant de films de sa sélection 2021. Co-présidé par Pascal Gélinas, cinéaste, et Jean-François Leclerc, historien et muséologue, et formé également des cinéastes Catherine Veaux-Logeat et Lisa Sfriso, le jury a en effet accordé le prix du meilleur long métrage au film La dernière d’entre elles, de Pierre Goetschel (France), ainsi qu’une mention spéciale à Aqui y alli – Journal d’une exilée, de Emma Fariñas (France). Du côté du court métrage, le prix du meilleur film a été décerné à Attimi Sospesi (Moments suspendus), de Stefano Fiori (Italie), ainsi qu’une mention spéciale à Inniun ueshkat mak anutshish (La vie, avant et maintenant), de Marie Menie Mark et de l’équipe de Wapikoni mobile (Canada).

Prix du meilleur long métrage : La dernière d’entre elles, Pierre Goetschel, France

Cette œuvre marquante raconte l’amitié unique d’un groupe de femmes françaises qui se sont rencontrées dans le camp d’Auschwitz Birkenau. Livrant un témoignage précieux tiré des écrits intimes de ces femmes dont celui de Fernande, la grand-mère du réalisateur, le film offre un regard inédit sur cette période sombre de l’histoire. Par l’expérience personnelle des unes et des autres dans le camp, leur résilience et leur complicité exceptionnelle, La dernière d’entre elles s’intéresse également au parcours de Rosette, la dernière survivante, qui, malgré qu’elle n’ait jamais été capable de lire les récits de ses amies aujourd’hui disparues, livre son expérience aux jeunes dans les écoles. À partir d’archives précieuses et des témoignages écrits de Suzanne, Fernande et les autres, La dernière d’entre elles s’inscrit inévitablement dans la mémoire collective d’un événement historique qui continue de hanter les générations.  

Mention spéciale, long métrageAqui y alli – Journal d’une exilée, Emma Fariñas, France

Pour avoir si justement fait revivre l’histoire à partir d’un récit imaginaire, pour sa trame sonore exceptionnelle, pour la force et la beauté des photos qui rendent ce récit criant de vérité, pour l’ode au courage des femmes et à la résilience de tout un peuple ployant sous le joug de la dictature de Franco, le jury a cru nécessaire de décerner une mention spéciale au magnifique film d’Emma Fariñas, Aqui y alli – Journal d’une exilée.

Prix du meilleur court métrageAttimi Sospesi (Moments suspendus), Stefano Fiori, Italie

Le prix du meilleur court-métrage va à un film qui nous plonge au cœur de la deuxième guerre mondiale : Attimi Sospesi. Un court métrage qui relate une histoire fascinante : celle de l’abbaye de Monte Cassino, qui surplombe la ville de Cassino, en Italie. Lieu d’intenses bombardements alliés qui croyaient que les forces allemandes s’y terraient, l’abbaye fut totalement détruite en 1944. En amont de ces bombardements, un colonel allemand qui savait que l’abbaye serait bombardée, s’est donné comme mission de sauver les œuvres d’arts, artefacts archéologiques et éléments du patrimoine culturel et religieux italiens qui s’y trouvaient. Ce récit filmique, raconté à plusieurs voix par des comédiens personnifiant le colonel allemand et des moines bénédictins méfiants, donne vie à une opération de sauvetage hors du commun. En quelques semaines, l’abbaye de Monte Cassino fut vidée de ses trésors par les Allemands, avec le soutien des moines bénédictins, afin que les œuvres et le patrimoine soient ramenés vers Rome. Le cinéaste a su diriger les comédiens incarnant les personnages avec justesse et réussit à nous plonger au cœur des dilemmes moraux qu’ont pu vivre les personnages. Attimi Sospesi est un devoir de mémoire réalisé avec finesse et intelligence et qui donne vie à un moment oublié d’histoire. 

Mention spéciale, court métrageInniun ueshkat mak anutshish (La vie, avant et maintenant), Marie Menie Mark et l’équipe de Wapikoni mobile, Canada

Le feu qui craque, l’eau qui bout, le lichen sur le piquet d’une hutte; une mère et sa fille et leur peu de mots; quelques photos, quelques objets et le mur de gypse d’une maison moderne qui se superposent sur la toile de la tente. Tout est dit en 4 minutes 55 secondes. Par sa forme, son esthétique, le choix sobre et judicieux de ses images et de son ambiance sonore, ce très court métrage réussit à nous faire vivre, sans nostalgie apparente, le passage des Innus de Pakuashipi au Québec de la vie en hutte traditionnelle à la vie dans la maison moderne. Cet exploit poétique tout en délicatesse, raffinement et discrétion des coréalisateurs, le jury a voulu le souligner par une mention spéciale.

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