LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D’HISTOIRE DE MONTRÉAL (FIFHM) DÉCERNE SES PRIX… ET SE POURSUIT EN LIGNE!

Montréal, le 23 mai 2022 – Le jury du Festival international du film d’histoire de Montréal (FIFHM) a décerné hier, lors de sa soirée de clôture, trois prix et deux mentions spéciales à autant de films de sa sélection 2022. Co-présidé par Nicole Giguère, cinéaste, et Gilles Laporte, historien, et formé également des cinéastes Iolande Cadrin-Rossignol et Claudie Lévesque, le jury a en effet accordé le prix du meilleur long métrage au film Massoud, l’héritage, de Nicolas Jallot (France). Dans la catégorie moyen métrage, le prix du meilleur film a été décerné à La femme sans nom, l’histoire de Jeanne & Baudelaire, de Régine Abadia (France), ainsi qu’une mention spéciale à Le cul pointu, une histoire de shed, de James Gray et Marie-Christine Lavoie, (Canada). Enfin, du côté du court métrage, le film Un robot à soi, d’Anne Gabrielle Lebrun Harpin (Canada) a remporté le prix du meilleur film, alors que Nimeshkanaminan (Notre chemin), des sœurs Yasmine et Laura Fontaine (Canada) s’est mérité une mention spéciale du jury.

Meilleur long métrage : Massoud l’héritage

Ce film de Nicolas Jallot, qui raconte l’émergence du commandant Massoud et son influence sur la société afghane, a conquis les membres du jury par son récit, à la fois clair et palpitant, ainsi que par le montage époustouflant de cet authentique suspense mêlant guerres entre clans, manipulation médiatique, diplomatie et relations internationales. Ultimement, l’assassinat de Massoud, puis le terrifiant 11-septembre 2001 apparaissent presque inévitables tant l’intrigue est savamment nouée. 

Le jury a aussi noté la qualité exceptionnelle des témoins, la plupart au plus proche des événements qu’ils racontent, à la fois passionnés et méticuleux dans leur relation des faits. 

Le film permet enfin de saisir l’aura exceptionnelle d’un personnage devenu mythique, Ahmed Chah Massoud, chef de la nation Tadjik, et à travers lui le destin de l’Afghanistan tout entier, le cimetière des empires, où l’histoire semble s’obstiner à se jouer de nous depuis déjà des décennies.   

Meilleur moyen métrage : La femme sans nom, l’histoire de Jeanne & Baudelaire

Le film La femme sans nom, l’histoire de Jeanne & Baudelaire, de Régine Abadia, a été primé pour son récit qui nous révèle de manière émouvante la présence d’une femme ignorée de l’histoire auprès du poète Charles Baudelaire et son rôle fondateur dans la poésie de l’auteur. Comme dans le tableau de Courbet, l’image de Jeanne Duval réapparaît et traverse le temps. Le jury souligne également la richesse des illustrations visuelles qui nous font découvrir autrement les œuvres du célèbre poète, et l’écho de ce film qui nous rapproche de toutes les femmes oubliées de l’histoire.

Mention spéciale, moyen métrage : Le cul pointu, une histoire de shed

Le jury a également souhaité également remettre une mention spéciale au très beau film de James Gray et de Marie-Christine Lavoie, Le cul pointu, une histoire de shed. Narrant la construction par un groupe d’amis d’une barque traditionnelle aux Îles-de-la-Madeleine, le film nous initie au plaisir de prendre le temps… Le jury a été particulièrement touché par la proximité et la spontanéité des personnages, apparemment filmés sans prétention avec un simple téléphone. Les liens qu’ils nouent entre eux autour d’un projet consistant à faire revivre un savoir-faire sans autre désir que le plaisir que cela procure sont éloquents.

Meilleur court métrage : Un robot à soi

Les discours marketing des années 1940 à 1970 laissaient croire que les femmes devaient leur émancipation aux technologies ayant facilité le travail domestique. Ce film d’essai, d’Anne Gabrielle Lebrun Harpin, construit à partir de publicités et d’archives télévisuelles, explore ce discours du captalisme moderne à propos de la relation entre la femme et la technologie. Le jury désire souligner l’ingéniosité dans l’assemblage narratif des archives et l’originalité de leur propos, ainsi que la finesse et la justesse du montage du film. C’est pourquoi il a accordé une mention spéciale à cette œuvre fluide et sensible qui porte un regard encore actuel sur la condition des femmes.

Mention spéciale, court métrage : Nimeshkanaminan (Notre chemin)

Réalisé dans le cadre du Wapikoni mobile, le film des sœurs Yasmine et Laura Fontaine a touché le jury par le souci de transmission identitaire d’une jeune génération innue à travers la reprise actuelle des chemins de portage. Porté par la narration sensible et touchante des deux réalisatrices, le film s’est mérité une mention spéciale du jury.

Deux projets web interactifs à explorer gratuitement!

Entre cinéma documentaire, recherche académique et plateforme web, le FIFHM tient à souligner les efforts de vulgarisation de l’histoire par de nouvelles formes. Ainsi, deux projets web interactifs ont été sélectionnés et seront accessibles gratuitement sur nos plateformes web et Facebook du 18 mai au 5 juin. 

Le projet d’Alexandre Klein

Les infirmières de la folie est un projet d’Alexandre Klein, de l’Unité de recherche sur l’histoire du nursing à l’École des sciences infirmières de l’Université d’Ottawa. Mêlant cinéma d’animation et documentaire historique, ce webdocumentaire présente le parcours de trois infirmières, une réelle (Charlotte Tassé) et deux fictives (Émela et Rachel), fidèlement reconstitués à partir d’archives historiques issues de trois institutions psychiatriques québécoises. Il donne ainsi à voir l’évolution, tout au long du XXe siècle, de la formation et du travail infirmiers en psychiatrie.

Visitez le site du projet: https://www.lesinfirmieresdelafolie.ca/

Le projet de Dominique Santana

A Colonia Luxemburghesa pour sa part propose un périple dans la jungle amazonienne. Dominique Santana est historienne actuellement impliquée avec le Centre for Contemporary and Digital History (C2DH) de l’Université du Luxembourg.  En se fondant sur sa recherche doctorale, elle propose un projet transmédia, “A Colônia Luxemburguesa”. Le documentaire interactif lève le voile sur un siècle d’installations minières et métallurgiques dans la forêt amazonienne.

Visitez le site du projet: https://colonia.lu/fr

Le FIFHM en ligne sur Viméo on demand

UN PASSEPORT UNIQUE

L’édition 2022 du festival vous propose un tarif unique de 24,99$ pour accéder à une quarantaine de films. Du 18 mai au 5 juin, les cinéphiles pourront se procurer un passeport, valide pour 30 jours, qui donnera accès à tous les films en ligne. (Offre valable pour résidents canadiens)

Acheter son passeport, c’est facile !

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